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BPM & Automatisation

Du BPM à la Business Automation

Bonitasoft
08 juin 2018

Pourquoi utiliser une plate-forme ouverte et extensible dans le cadre de sa transformation numérique ?

Qu'est-ce que la "Business automation" ? Schématiquement, il s'agit de mettre en phase le BPM (Business Process Management) avec la gestion des règles métier, ou BRM (Business Rules Management) au travers de développements applicatifs agiles permettant de répondre à des demandes en perpétuelle évolution. Au-delà du BPM et du BRM, "le marché de la business automation est devenu un facilitateur clé de la transformation numérique", explique en introduction Charles Souillard, COO de Bonitasoft, qui ajoute que "les initiatives de transformation numérique sont avant tout une question de culture".

Bonitasoft propose une plate-forme applicative basée sur les processus, extensible, ouverte et "low-code", permettant aux équipes de développement de créer ce que l'éditeur appelle des "living apps", c'est-à-dire des applications permettant une amélioration continue et incrémentale en connectant des interfaces utilisateurs sur mesure aux opérations de back-office. Pour Forrester, "Bonitasoft fournit l'une des premières plateforme BPM Open Source qui permette à la fois la conception orientée métier et des environnements de développement".

Car, axé au départ sur le BPM, l'éditeur a, ces deux dernières années, opéré des changements importants pour répondre à la demande de transformation numérique des entreprises : il a lancé une fonction de modélisation de données métiers et un éditeur d'interface utilisateur élaboré, qui lui a permis d'aller au-delà du cadre du BPM pour offrir une véritable plate-forme de développement d'applications. Bonitasoft a aussi clarifié sa position de fournisseur de plate-forme "low-code" en se concentrant sur les cas d'usage complexes, traités par la collaboration d'équipes pluridisciplinaires et d'équipes de développement "standard". Enfin, la transformation a aussi touché la stratégie commerciale et marketing, qui a été repensée. L'accent a été mis sur les projets cœur de métier et critiques dans des entreprises ayant les compétences techniques suffisantes pour tirer le maximum de valeur de la plate-forme. La typologie des clients a ainsi évolué vers des entreprises de taille plus importante. En parallèle, une attention toute particulière a été mise sur la satisfaction client avec la création d'une équipe "customer success", dédiée au suivi de la relation client.

Créée en 2009 par Miguel Valdes-Faura, CEO, Charles Souillard l'entreprise possède des bureaux à Paris, Grenoble, San Francisco et New-York. Celui de San Francisco a été ouvert dès 2010. L'éditeur fédère une communauté Open Source de 130 000 membres et compte plus de 1 000 clients dans 75 pays et un réseau de partenaires allant des grandes ESN aux consultants spécialisés. Une nouvelle version, 7.7, paraît ces jours-ci. Elle met en avant deux add-on importants de la plate-forme : l'amélioration continue intelligente (intelligent continuous improvement) et la livraison continue (continuous delivery).

"Continuous delivery" soutient l'approche DevOps en permettant le développement et le déploiement rapide des applications métiers. Ce module est composé de deux éléments clés pour les approches DevOps : les outils d'intégration continue d'application basée sur des processus et les outils de provisioning d'environnement d'exécution. Quant à "intelligent continuous improvement", il 'agit d'un nouveau module d'aide à la décision. Il permet aux utilisateurs de bénéficier d'une collaboration homme-machine en s'appuyant sur l'intelligence artificielle pour garantir le respect des objectifs métiers. Il se base sur un algorithme de "process mining extended" pour analyser l'ensemble des processus et prédire les goulets d'étranglement, améliorer l'efficacité et permettre l'amélioration des processus. Contrairement aux techniques classiques de process mining qui se concentrent sur la découverte du processus, l'usage qu'en fait Bonitasoft s'applique à l'analyse des processus en cours d'exécution et permet le suivi opérationnel des objectifs métiers.


Les utilisateurs en parlent

Le Bonitaday a été l'occasion, essentiellement pour les partenaires de l'éditeur, mais aussi pour des clients finaux, de faire part de leurs réalisations et de leurs projets menés avec la plate-forme. Une table ronde réunissant François Madjlessi, DSI de l'Université de Paris Dauphine, Jean-Christophe Raynaut, DSI de la CIPAV, Loïc Pastor, architecte à la CIPAV et Julien Fontaine, directeur du centre d'excellence ECM de CGI, portait sur le thème de l'IA (Intelligence Artificielle) et les applications orientées processus. Pour quoi et pour qui ? Il apparaît que tous les intervenants à cette table ronde misent sur l'IA pour préparer leur transformation numérique. En revanche, ils en sont à des stades et des degrés de maturité divers. "Nous en sommes à la phase exploratoire", explique Loïc Pastor. "Nous faisons des POC et nous mettons en relation avec des écoles d'ingénieurs pour cela, autour d'un projet de chatbot destiné à améliorer la relation avec l'adhérent. Nous avons pour cela organisé un challenge avec l'EPITECH".


Table ronde utilisateurs - De G à D : Julien Fontaine, directeur du centre d'excellence ECM, CGI, Loïc Pastor, Architecte, CIPAV, Jean-Christophe Raynaut, DSI de la CIPAV et François Madjlessi, DSI de l'Université de Paris Dauphine
À l'université de Paris Dauphine on en est à un stade plus avancé : "nous avons dé déjà mis en place l'IA. Après la mise en place d'Office 365, nous avons réalisé une aide au co-développement", raconte de son côté François Madjlessi. " Mais le projet en cours est plus important ; son premier volet concerne l'indexation des données et l'interaction avec les enseignants, le deuxième l'amélioration de la communication dans le cadre de l'égalité des chances".

Pour Julien Fontaine, "l'IA permet d'améliorer le service rendu et de faire du prédictif. Elle va être une transformation au moins aussi profonde que la transformation numérique. Il faut une vraie stratégie au plus haut niveau de l'entreprise. Il faut aussi prendre en compte la destruction d'emplois et recentrer les collaborateurs concernés sur des tâches à plus forte valeur ajoutée".

Pour Florian Wintz et Antoine Dumestre, consultants chez Oresys, le point important d'un tel projet est l'implication des utilisateurs : "notre projet est poussé à 100 % par les métiers, car avec l'ancienne solution, c'était l'utilisateur qui s'adaptait à la solution et non l'inverse", commente le premier. Et le second d'ajouter : "une autre attente forte est l'évolutivité. Dans le cas particulier, les gains attendus étaient la traçabilité, une meilleure qualité, plus d'évolutivité et de performance". Le projet en question consistait, pour l'entreprise utilisatrice, la décision d'accepter ou de refuser des projets, sachant qu'elle en étudie près de 1 800 par an, pour une centaine d'acteurs impliqués, de la demande produit à l'engagement budgétaire métier. Pour mener à bien cette automatisation de processus, l'approche d'Oresys a été de construire avec un maximum d'utilisateurs, pour que l'application soit co-construite avec eux et non pas subie par eux. "Il faut trouver un moyen d'impliquer les utilisateurs dès le cadrage", insiste Florian Wintz. Pour Oresys, les facteurs clés du succès sont : penser ROI et génération de valeur, remettre l'utilisateur au centre, donner la capacité à suivre et piloter, adopter une démarche agile, maximiser l'usage des SI existants en utilisant la nouvelle génération d'outils iBPMS, favoriser le développement d'une architecture API et surtout choisir le bon processus à numériser, en cohérence avec les objectifs stratégiques de l'entreprise. "Les développements ont commencé en mars et aujourd'hui, sur les éléments en production, les retours sont déjà très positifs", conclut Florian Wintz.


Chez CGI, Pierre Clainchard, consultant OCM et Pascal Dubois, manager du pôle OCM, ont évoqué le cas d'un groupe industriel multi-secteurs et multi-agences qui a souhaité automatiser la gestion de tous les matériels roulants : Bonitasoft a été retenu parce qu'il fallait une gestion par itération et un déploiement rapide (moins de 30 minutes) car l'entreprise réalise un déploiement par semaine. La fluidification des processus, la traçabilité des actions, la consolidation au niveau national et par région et le traitement en masse faisaient partie des objectifs du projet.

À la question de la valeur ajoutée de ce développement par rapport à un ERP classique, Pascal Dubois explique qu'il y en plusieurs, dont beaucoup de liberté pour adapter les interfaces au besoin de l'utilisateur, ainsi que la liaison à un référentiel et à une GED, qui permettent d'aller plus loin.

Enfin, Antoine Mottier, évangéliste technique chez Bonitasoft, est venu expliquer en quoi le BPM pouvait aussi être utile dans le cadre du RGPD, pour traiter des processus concernant différents services, en prenant pour exemple le droit à l'oubli. "L'effacement doit se faire dans tous les systèmes, au siège, dans le magasin de détail, mais aussi dans le centre de services partagés (sauvegardes) à l'étranger, hors UE... Si un utilisateur demande à ce qu'on efface ses données personnelles, il faut les effacer partout, y compris les archives papier et les données présentes chez les sous-traitants", constate-t-il.

Pour Antoine Mottier, l'automatisation des processus réduit les risques d'erreur dans les processus, permet un gain de temps d'exécution, garantit le respect de la réglementation, fournit des preuves des actions mises en œuvre (traçabilité) et ouvre la possibilité d'automatisation via RPA (Robotic Process Automation) afin d'accélérer les temps de traitement.

 

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